Tu n’es pas rigide. Tu portes un masque de rigidité.
Quand je pense au contrôle et à la rigidité, j’ai un exemple qui me vient immédiatement en tête.
J’avais un copain au séminaire qu’on appelait la « tour de contrôle ». Très mince et sec, toujours, droit, assez raide même, il surveillait tout. Il voyait chacun de ceux qui entrait ou sortait de la pièce, il connaissait les habitudes de chacun, il observait les mimiques, il anticipait les comportements à chaque instant. Il arrivait ainsi facilement à prendre l’ascendant sur tous. Et c’était très drôle de voir son regard pivoter au moindre mouvement pour observer ce qui se passait : « la tour de contrôle ». Comme s’il avait des yeux tout autour de la tête. Donc rien ne le prenait par surprise. Et bien sûr, il aimait faire le chef et contrôler les autres, ayant toujours un œil sur tout.
Tout cela n’était qu’un masque, bien sûr. Car l’ego prend le pouvoir pour nous protéger quand nous portons un masque. Ce masque donne le sentiment de gérer, d’être fiable, d’être valable, organisé, en sécurité. On n’est jamais pris au dépourvu quand on contrôle tout. Et bien sûr, ce masque permet de refuser, de cacher toute forme de vulnérabilité.
Le coût de la rigidité
Mais les inconvénients de cette rigidité, de ce contrôle permanent, de cette rigidité, ce sont des sautes d’humeur. Dès que quelque chose commence à échapper, à ne pas aller dans le sens voulu, c’est l’irritation, la colère, l’agressivité qui prennent le dessus. Cette rigidité produit un manque de tolérance face à ceux qui bousculent l’ordre établi ou le cadre maîtrisé.
Aimant les règles, une telle personne a du mal à changer de cadre, à accepter le nouveau. Une résistance intérieure surgit immédiatement face à la nouveauté : car il y a là quelque chose qui échappe, au moins au début, au contrôle.
Le lâcher-prise est évidement l’ennemi de la rigidité et du contrôle. Tension, contraction, colère contenue sont bien plus familières. Car tout imprévu est source d’une grande frustration.
Et bien sûr, la sensibilité n’a pas sa place. Les émotions n’ont pas voix au chapitre. Alors la personne se coupe d’elle-même.
Et c’est là le prix le plus cher : porter ce masque, comme tout masque, empêche d’être soi-même. Il est juste une protection de réaction face à des blessures anciennes, face à des croyances inscrites. Alors toute une partie de la richesse de la personne est comme inexistante, refoulée.
Que faire ?
Si tu te reconnais, ne pense pas, comme tu l’as sans doute toujours fait, que tu es comme ça. Que c’est ta personnalité, que la rigidité fait partie de toi.
Pourtant, ce n’est qu’un masque. Que tu peux apprendre à quitter.
En prenant conscience, petit à petit, que tu as le droit de le quitter.
Mais aussi qu’il t’a rendu service.
Accepte que tu aies envie de le prendre, parfois. Parce qu’il est un compagnon familier, ce masque de rigidité et de contrôle. Parce qu’il t’a si souvent protégé. Mais ensuite, repose-le à côté. Parce qu’aujourd’hui, il ne t’est plus très utile.
L’essentiel, c’est de vouloir faire la paix avec lui. Et de reprendre la main dessus, petit à petit.
Fais le quizz si tu penses manquer de confiance en toi, tu verras comment tu fonctionnes :
Reçois mes réflexions sur la confiance et la liberté intérieure
Des idées concrètes pour sortir du regard des autres et retrouver une relation plus libre à soi-même.

