incohérences internes

Incohérences internes : pourquoi je fais des choses qui ne me rendent pas heureux ?

Toi aussi, tu as des incohérences internes.

Tu ne veux pas manger de sucre ou boire d’alcool, et tu le fais quand même.
Tu voudrais être serein et patient en rentrant à la maison le soir, et tu te mets en colère 5 minutes après ton retour du boulot parce que ton fils a laissé traîner ses chaussettes sur le canapé dans le salon.
Ou alors, tu veux être à l’écoute quand ta femme t’exprime ses émotions, et pourtant tu t’énerves dès que ça revient parce que tu trouves ça « chiant ».

Avec un minimum de lucidité, on s’est tous rendus compte qu’il nous arrive de faire des choses qu’on ne voudrait pas faire au fond de nous, et de ne pas faire ce qu’on voudrait faire. Comme s’il y avait une force plus grande que notre volonté.

Ce problème n’est pas nouveau, les philosophes grecs en parlaient déjà. Une multitude d’explications ont été données au fil des siècles. Manque de volonté, loi du péché, explication psychologiques…

Mais il n’y a peut-être pas besoin de chercher la bonne explication, ou d’en imaginer une de plus.
Ni à nourrir la culpabilité, ni à se crisper sur ces incohérences internes.

Il y a un autre chemin à prendre : l’acceptation.

Un mécanisme de protection

Qu’elles qu’en soient les raisons exactes, ces incohérences internes relèvent de blessures intérieures, certainement inconscientes. Rejet, abandon, trahison… Des transmissions familiales, des expériences du passé interprétées de la sorte…
Nul besoin d’en savoir la genèse exacte, nous portons tous des blessures. Plus ou moins fortes, plus ou moins cicatrisées.

Et que fait notre cerveau face à ces blessures ? Il rejoue toujours la même histoire dès qu’une parole, un comportement, une action semble réactiver ces blessures. Car le cerveau a appris à tout interpréter par le prisme de ces blessures.

On peut appeler cela l’ego. Il veut nous protéger. Alors il nous fait adopter toujours et encore les mêmes comportements. Ceux dont on voudrait bien se défaire parfois, mais dont, lui, pense qu’ils sont les meilleurs pour nous protéger et nous empêcher de souffrir. Parce que ça avait marché, avant. Alors il répète.

Par exemple, tu portes une blessure de trahison. Alors tu as appris à tout contrôler, parce que la confiance, c’est difficile, c’est un risque trop fort de revivre une trahison. Et donc tu ne sais pas déléguer. Tu aimerais savoir te reposer, arrêter de tout faire toi-même et souffler, faire confiance à d’autres pour que ce soit bien fait. Mais c’est plus fort que toi, tu reprends tes vieux comportements et tu te dis : « ce sera plus vite fait si je le fais, et au moins ce sera bien fait. »
C’est comme si tu remettais toujours ton vieux masque de celui qui contrôle, sans même t’en rendre compte. Voilà une de tes incohérences internes.

Acceptation des incohérences internes

Le chemin de sortie et de guérison, il passe par l’acceptation.
Oui, tu es incohérent, parce que oui, tu es blessé. Et oui, tu reprends toujours tes vieux schémas. Ce n’est pas mal ou bien, c’est comme ça.

Repère-les, ces incohérences internes. Repère comment elles se mettent en place. Ce que dit la petite voix dans ta tête. Regarde le mouvement de protection de ton ego à l’intérieur de toi. Et sache que jusqu’à présent tu n’as pas pu faire autrement.

Donne-toi le droit d’agir comme ça, sachant que c’est provoqué par tes blessures. Accepte ton humanité, accepte tes blessures. Ne te cherche pas des excuses. Pardonne-toi, tout simplement, de réagir tel que tu le fais.

Puis apprends, petit à petit, à dire à ton ego que tu veux faire autrement. Réagir autrement, te comporter d’une nouvelle façon. Que tu acceptes d’avoir mal un peu et d’avoir peur mais que c’est pour guérir.

Les incohérences internes, c’est un ego qui a pris trop de place en voulant bien faire. Mais, par le chemin de l’acceptation, il devient possible de reprendre pouvoir sur l’ego.


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