La permission d’exister

Nous n’avons rien à demander pour exister ! D’ailleurs notre existence nous a été donnée sans que nous ayons eu à la réclamer !
Et pourtant, beaucoup d’hommes, au fond d’eux, ne se sentent pas toujours la permission d’exister.
Est-ce que je peux essayer et rater ?
Puis-je dire que je veux être plus riche ?
Ai-je le droit de dire que je ne suis pas d’accord ?
Et parfois, ils s’autocensurent avant même de se poser les questions.

Peu importe pourquoi c’est comme ça

On pourrait fouiller dans l’histoire familiale et chercher les blessures de l’enfance, avec peut-être une place difficile à trouver dans une fratrie, un père trop exigeant et distant, des comportements déplacés qui auraient été subis, un départ des parents qui a provoqué un sentiment d’abandon…

On pourrait critiquer le système scolaire qui pousse à chercher la réussite extérieure et associe la valeur de quelqu’un à ses notes. Pour exister, il faut alors être celui qui réussit et qui a de bonnes notes.

On pourrait aussi chercher du côté de notre société qui s’éloigne d’un système patriarcal installé depuis des siècles sans pouvoir encore proposer à l’homme une place qui serait la sienne et où il se sentirait bien. Car notre époque dit aux hommes ce qu’ils n’ont plus le droit d’être, pas vraiment ce qu’ils peuvent être.

Quelles que soient les origines multiples de ce problème, ce n’est pas de se perdre à les considérer qui fera avancer vraiment. C’est devant nous que se trouve la solution. Parce qu’en attendant, les conséquences s’accumulent.

Une quête de légitimité

De nombreux hommes en arrivent à une recherche constante de reconnaissance. Mais entendons-nous bien, la reconnaissance est un besoin essentiel. Du coup, n’en soyons pas avares. Mais ça devient un problème quand il y a une dépendance, quand il faut toujours un compliment de plus pour se sentir bien, quand l’absence e reconnaissance devient une remise en cause de soi-même.

Alors, on se surinvestit. On agit toujours plus pour prouver sa valeur : toujours disponible, toujours présent. On ne compte pas ses heures, on ne compte pas sa fatigue. Voire même, elle devient un sujet de fierté. Quitte à s’épuiser.

Et aussi, à force de ne pas savoir si on a le droit d’exister et d’être soi, on se sur-adapte. On s’excuse de prendre de la place, on se range toujours à l’avis général, on dit sans cesse « comme tu veux »,  on répond toujours « ça va », on lisse ses phrases, on ravale sa désapprobation, on attend le point de vue des autres avant de voir si le sien est légitime… On en finit à ne plus savoir ce qu’on pense ni ce qu’on veut !

Et c’est là que le rôle social ou la fonction deviennent une protection. Car on y trouve une identité. Une raison d’être reconnu, d’être respecté. Mais aussi une raison de donner des avis (ceux liés à la fonction, pas vraiment les siens), de dire des « non ». Enfin une place pour laquelle il n’y a pas besoin de s’excuser ! On s’identifie à un rôle.

Et on se perd soi-même. On ne sait plus vraiment qui on est, ce qu’on pense, ce qu’on veut. Une honte de vouloir qui étouffe tout.

Se redonner la permission d’exister

Il n’y a pas de recette magique pour changer. Juste un nouveau chemin à prendre.
Pas de mantra à répéter, pas d’action quotidienne à faire pendant 90 jours, pas d’introspection infinie du passé, pas de discipline à mettre absolument en place, pas une grande mission à entreprendre.

C’est plus fondamental. Repartir de soi et arrêter de s’excuser en permanence d’exister et d’être autre.

L’essentiel est d’apprendre à repartir de ce « Je veux » auquel on a renoncé, et qu’on a délégué à un système, une fonction, aux autres en général.


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