Comment j’ai voulu être coach

Depuis petit je voulais aider les autres quand je serais grand.

Alors j’ai eu le désir d’être prêtre : l’idéal pour réaliser ce désir, dans le cadre qui était le mien.
Dans ma tête, c’était alors devenu une vocation.

En grandissant, j’ai commencé à mieux comprendre ce que ça impliquait, de ne pas se marier.
C’était douloureux, mais il y avait plus grand : cet appel.

J’ai fait une prépa et une école d’ingé : on ne commençait pas la formation de prêtre à 18 ans, dans le cadre qui était le mien.
Alors j’ai suivi cette voie, non pas la plus facile, mais la plus « naturelle ».

Vraiment, j’aurais voulu pouvoir me marier.
Mais ma mission impliquait un renoncement, je devais l’accepter.

Alors j’ai avancé, j’ai tout bien fait jusqu’à la prêtrise.
Bon élève, comme toujours.

Prêtre, j’ai aidé beaucoup de gens, oui.
Mais pas toujours en fait.
Car il y avait un cadre ferme dans lequel je cherchais à les faire rentrer. J’avais un rôle à tenir.

J’aidais, oui, mais j’étais seul.
Avec souvent un vide au fond de moi.

Jusqu’au jour où j’ai rencontré ma femme.
Dilemme angoissant : refuser l’amour ou renoncer à ma mission et à ma promesse définitive ?
Le mensonge n’était pas une option : ni le mensonge d’une double vie, ni le mensonge à moi-même en rejetant l’amour.
Alors j’ai pris la lourde décision de quitter la prêtrise. Il m’a fallu du courage.
Pour finalement me rendre compte que je ne renonçais pas à ma mission.
Je pouvais enfin l’accomplir en étant moi-même. C’est pour ça que je suis devenu coach.
Je veux aider les hommes à accomplir leur rêve, à reprendre leur vie en main.
Pour cela, je me suis formé au coaching et à la PNL (Programmation neuro-linguistique).

Ma décision la plus forte

Il y a des choix qui se prennent en tremblant, voire en pleurant. Ce sont certains choix de vie.
Pour moi, il y en a eu un plus fort que tout.
C’est quand j’ai quitté la prêtrise pour me marier.
Je peux vous assurer que tout y est passé.

La culpabilité.
Parce que, en conscience, 6 ans plus tôt, et au terme d’une longue préparation, je m’étais solennellement engagé à vie.

Le sentiment d’être déloyal, d’être un traître.
Parce que je quittais, un ordre, un corps, dans lequel on se soutient, et que j’avais défendu.
Et pour certains fidèles, tout ce que j’avais pu faire comme prêtre devenait donc douteux.

L’arrachement à un statut.
Prêtre : même si ce n’est pas comme au 19è siècle, on est regardé, reconnu, entouré. On a un rôle.
Du jour au lendemain je redevenais invisible, et même, rejeté.

La perte de sécurité.
Ma voie était toute tracée, je n’avais pas vraiment à m’inquiéter de ce que j’allais devenir. On s’en chargeait pour moi jusqu’à la fin de mes jours. Sans avoir à m’occuper ni de ma subsistance, ni d’aucune contrainte matérielle.

La réaction des plus proches.
Beaucoup d’incompréhension, de déception, de jugement, de rejet. Ils ne comprenaient pas, ne voulaient pas que je change, ils avaient peur pour moi, pensaient que je faisais une erreur. D’un seul coup je devenais quelqu’un d’instable, d’inconscient, renversant un idéal projeté.

Et surtout, la peur sourde, à certains moments, de me tromper.
Peur idiote puisque je savais ce que je faisais. Mais peur bien réelle, qui prenait à la gorge par moments.

Il m’a fallu un courage immense.
Sans aucune mesure avec celui dont j’avais fait preuve quand j’avais laissé de côté mon diplôme d’ingénieur pour devenir prêtre.

Je ne regrette absolument rien.
Ni cette expérience de prêtre, qui a été extrêmement riche, notamment au niveau des relations humaines et des expériences d’accompagnement.
Ni d’être parti. Parce que je suis marié à une femme merveilleuse. Et parce que j’ai commencé à vivre ma vraie vie.
Comme j’aime le dire : on commence à vivre à partir de la première décision vraiment inconfortable.

J’ai lâché mes habits sacerdotaux, fait tomber mon masque, ouvert mon cœur, appris à pleurer.
J’ai repris ma vie en main. Dans toutes ses dimensions.
Et je suis heureux.
Ma passion de l’humain ne m’a pas quitté.